
Réunion internationale de Boston (mars 2009)
Une réunion internationale consacrée aux tumeurs rhabdoïdes cérébrales s'est tenue à Boston début mars 2009. Elle a permis aux médecins et aux chercheurs de faire le point sur l'état actuel des connaissances autour de ce cancer
Il a été démontré depuis 10 ans que la perte du gène INI1 est la cause majeure de l'apparition de la tumeur rhabdoïde et la recherche avance dans la compréhension de son rôle. Ce gène est en lien étroit avec ce qu'on appelle le cycle cellulaire (la capacité d'une cellule à progresser vers une division en 2 cellules), la sénescence ( étape normale de "vieillissement" dans la vie d'une cellule, à savoir sa mise au repos et son extinction en terme de renouvellement) et la différenciation (capacité d'une cellule immature à devenir une cellule adulte)
Il est également possible que d'autres gènes jouent un rôle, aussi majeur que INI1 pour une petite partie des tumeurs rhabdoïdes, ou au moins secondaire pour la majorité. Cependant, il reste encore à les identifier.
Les différentes modalités de traitement par chimiothérapie et radiothérapie appliquées en France, en Italie et dans certains hôpitaux américains ont fait l'objet de discussions.
Certaines équipes utilisent des combinaisons sans doute plus efficaces à court terme au moins ( équipe de Boston, publié dans "the journal of clinical Oncology"), mais avec une forte toxicité à court et long terme.
Ceci rend ce type de combinaison pour tous très discutable. Des modifications seront néanmoins sans doute introduites sous peu en France et en Europe tenant compte de ces résultats mais ayant pour préoccupation de rendre ces traitements acceptables. Le choix du meilleur traitement possible est un processus toujours en marche, mais confronté à de profondes questions sur la grande toxicité à court et long terme.
Les difficultés à guérir les enfants par chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie auxquels tous se confrontent incitent beaucoup à essayer des "nouveaux traitements". Il existe ainsi des traitements médicaux dit "non chimiothérapiques" qui donneraient des résultats encourageants lors d'essais sur des cellules in vitro ou sur des souris. La réunion de Boston a permis de cibler quelques pistes intéressantes pour lesquelles chercheurs et médecins collaborent dans l'espoir de rendre certains nouveaux traitements disponibles aux enfants dans les années à venir. Mais c'est encore trop tôt pour en parler, la recherche avance et nous vous tiendrons informé des évolutions de cette piste.
Avancée des recherches (septembre 2010)
L'argent reversé l'année dernière par l'association à l'institut Curie à permis de financer l'achat de "puces" à ADN, nécessaires à la recherche contre la tumeur rhabdoïde. Le Docteur Bourdeaut, médecin référent sur la tumeur rhabdoïde à l'institut Curie, a bien voulu nous expliquer l'utilité qu'ont eu ces puces.Vous en trouverez l'explication ci-dessous
"L'argent que vous avez versé l'an dernier a servi à participer à financer des "puces" à ADN dans le cadre d'un projet que je menais sur la caractérisation des mutations constitutionnelles de INI1.
En clair, nous avons étudié précisément la région de ce gène chez quatre enfants-adolescents qui avaient une anomalie sur le chromosome 22q, où est INI1. Nous avons pu décrire très exactement où commençait la cassure du chromosome et où elle se terminait. Cela nous a permis d'observer que ces cassures, qui sont à l'origine de la prédisposition aux tumeurs rhabdoïdes pour ces enfants, ne se fait pas n'importe où, mais dans des régions très spéciales du chr22, appelées "LCR" ("Low copy repeat"), c'est-à-dire des régions où l'ADN est fait de petits motifs de séquence répétée, comme des bégaiements, qu'on trouve en 8 exemplaires normalement sur le chromosome 22. Nous avons inclus ces résultats dans l'article qui est cours de soumission, et presque accepté, dans une revue américaine. L'association y est citée et remerciée pour avoir contribué à cette recherche. Je vous l'enverrai dès qu'il sera définitivement accepté.
Ce que l'on peut garder comme information globale de ces 4 puces (environ 350euros par puce), qui confirment ce qu'avait déjà décrit une équipe américaine chez 4 autres enfants, c'est que la cause du syndrome de prédisposition dans ces cas de cassure du chromosome 22 relève d'un mécanisme génétique assez commun, bien connu dans d'autres maladies comme le syndrome de DiGeorge par exemple (aussi lié au chromosome 22). Le mécanisme est très lié à la structure intrinsèque de l'ADN, dépendant de sites naturellement fragiles. Cela est un argument en défaveur d'une origine environnementale forte dans le processus de ces prédispositions, et plaide vraiment pour un "raté" que la "nature", en mettant ces "LCR" si proches les uns des autres sur le chr22, favorise à elle seule.
Pour la suite de nos projets, nous souhaitons nous lancer dans le séquençage de tout le génome des tumeurs rhabdoïdes qui n'ont pas de mutation de INI1; cela représente environ 10% des tumeurs. Une équipe allemande a récemment trouvé que certaines de ces tumeurs avaient une mutation dans le gène BRG1, qui fonctionne très étroitement avec INI1 dans un complexe qui s'appelle "SWI-SNF". C'est ue découverte importante car cela nous permet de préciser, ce que l'on pensait mais sans en être sûr, que le défaut de INI1 joue un rôle dans la tumeur par le complexe SWI-SNF, et pas par les fonctions qu'aurait INI1 hors de ce complexe. Notre projet consiste à identifier des mutations de BRG1 ou des autres gènes du complexe SWI-SNF ou encore d'autres gènes non du complexe SWI-SNF en regardant d'emblée tous les gènes....Performance ultra-moderne...mais coûteuse en temps et en argent." (Dr Bourdeaut)
Vous pouvez trouvez des informations supplémentaires sur la tumeur rhabdoïde en consultant le site d' Orphanet
Vous pouvez également accéder au(x):
* Témoignages de parents d'enfant étant ou ayant été atteint d'une tumeur rhabdoïde
* Forum d'échange dédié à la tumeur rhabdoïde : Nous venons de mettre en place cet espace afin que parents, familles, et proches d'enfants
touchés par la tumeur rhabdoïde puissent s'exprimer, échanger et prendre contact avec d'autres personnes concernées par cette maladie.
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